Pierre Raspat
Pierre RAPSAT fait partie du cercle restreint des artistes majeurs francophones belges parmi lesquels on retrouve Axelle RED, MAURANE, ARNO, Philippe LAFONTAINE...
Avec 20 albums à son actif, dont plusieurs disques d'or, Pierre RAPSAT, auteur-compositeur-interprète et guitariste, a connu un début d'année 2001 formidable. Son dernier album "Dazibao" , probablement son meilleur, a fait l'unanimité des critiques belges et françaises. Il a rapidement été disque d'or en Belgique.
"Les Rêves sont en nous", l'une de ses plus belles chansons, vibrant plaidoyer pour la nature humaine, est rapidement rentrée dans plusieurs play-list française et l'album (Polydor/Universal) devait suivre le même chemin.
Devait... car en plein succès, l'artiste est brusquement tombé malade : un cancer foudroyant qui l'a obligé à annuler ses engagements (dont l'Olympia en compagnie de Maurane) et qui l'a contraint à se battre durant plus de six mois.
Il était persuadé qu'il s'en sortirait, que sa soif de vie et de musique auraient le dessus sur la maladie qui le rongeait. Pourtant, Pierre RAPSAT s'en est allé le 20 avril 2002 à 53 ans rejoindre l'autre rive, laissant orphelin un public belge qui l'a soutenu tout au long de ses trente ans de carrière.
La presse, le monde musical francophone, le public… ont reçu la nouvelle comme un électrochoc. Comble du sort, Pierre a jusqu'au bout voulu terminé un double album live enregistré avec un grand ensemble à cordes. En quelques semaines, cet émouvant témoignage a été couronné de platine et est aujourd'hui double-platine.
Pierre RAPSAT restera à jamais une énigme dans le métier. Souvent signé en France, il n'y aura jamais pourtant connu le succès mérité.
Il allait néanmoins fêter ses 30 ans de carrière en mai 2003 à Forest-National. C'était un des rares chanteurs belges francophones à avoir tout connu, les désillusions et les grandes salles. Et à avoir vécu de son art sans sombrer dans les mouvements "hype" de mise, sans succomber vraiment aux sirènes du show-biz.
Il a tout donné pour ses chansons, n'exigeant en retour que bien peu de choses: un peu de reconnaissance et beaucoup de bonheur...
Sites internet :
Pierre RAPSAT : ligne de vie
Au début des années 70, Pierre RAPSAT fonde son premier groupe : "Laurelie". Un seul album voit le jour et le groupe se dissout. Son deuxième groupe "Jenghis Khan" lui ouvre de nouvelles portes et élargit son approche musicale. Après un album qui pourtant rencontre un important succès, c'est à nouveau le split. Las de toujours tout recommencer à zéro, Pierre décide de se lancer dans une carrière solo et surtout de se mettre au chant. Pour vivre, il est, tour à tour, disc-jockey et garçon de bistrot. Il prépare des démos pendant un an et demi. Premier contrat chez WEA, premier album "New-York". Une version française et une version anglaise. Cet album, en français, a étonné beaucoup de monde. Sans s'en rendre compte, RAPSAT était précurseur et visionnaire.
L'Enfant du 92ème.

D'ailleurs, Patrice TISON, Pascal ARROYO, François BRÉANT et Albert MARCOEUR feront partie, en studio, de son groupe, avant de devenir les musiciens de Lavilliers. Un an plus tard, il sort un nouvel album "Musicolor". Durant cette période, il écrira "L'Enfant du 92ème", titre à succès qu'il offrira à Jeanne-Marie SENS et qu'il ré-enregistrera lui-même pour son troisième album "Je suis moi", un album qui assure parfaitement la jonction entre l'inventivité musicale anglo-saxonne et la chanson "à texte".
Suivent "Gémeaux", "1980" et surtout d'incessantes tournées qui lui permettent de devenir un showman formidable, au punch inégalé. Dès 1973, le public belge a adopté Pierre, chaque année, son nom figure aux places d'honneur des charts. À la sortie de "Donner tout son cœur" en 1980, Michel PERRIN, réalisateur à la Radio Télévision Belge, réalise "Byzarostyl", un portrait de Pierre RAPSAT qui remporte une mention spéciale au festival de Montreux.
Lâchez les fauves.
"Un coup de rouge, un coup de blues", est l'album qui, pour la première fois, lui donne une impression de satisfaction totale. Tellement heureux de ce dernier album, et certain d'avoir trouvé sa voie, Pierre met immédiatement en chantier "Lâchez les fauves". Précédé par un single imparable, "Passager de la nuit". Cet album se trouve, dès sa sortie, en tête des hits-parades et est très vite couronné par un disque d'or, le premier d'une longue série. Les concerts suivent et se donnent à bureaux fermés. On doubla toutes les dates, triplant même certaines. Pierre devient l'artiste francophone numéro un en Belgique.
En 84, c'est l'album "Ligne claire", un concert triomphal au Cirque Royal, une semaine au Centre Culturel de Seraing, une série impressionnante de simples classés dans les hit-parades, une tournée glorieuse et une première visite au Québec.
Forest-National
"J'aime ça" est le titre plein d'optimisme du dixième album. Les ventes énormes de ce nouvel album poussent les promoteurs de concerts et Pierre à se lancer un nouveau défi : conquérir Forest National. Pari gagné, le 24 mai, le concert se jouera à guichets fermés, une première pour un artiste francophone belge. Il renforce pour l'occasion son band, s'offrant notamment les services de guitare-héros : J-P FROIDBISE et Thierry PLAS.
Sur "Haut les mains", le onzième album, figure "Soleil noir", qui deviendra un classique des prestations scéniques de Pierre RAPSAT.
Viendra ensuite "J'ouvre les yeux", nouvelle tournée et nouvelle équipe de musiciens. Seul Christian WILLEMS, l'inséparable batteur de Pierre fera partie de la nouvelle formation. Après avoir changé de musiciens, Pierre décide de prendre l'air et de travailler avec une nouvelle équipe de production. Le premier fruit de cette collaboration : "J'ai besoin de nous", album-compilation reprenant 17 des meilleurs titres de sa longue carrière, ainsi qu'un titre inédit, plage titulaire de l'album et début de la collaboration MELAERTS-RAPSAT. Nouveau succès et nouveau disque d'or, un de plus. À l'heure actuelle, les ventes de ce disque continuent et avoisinent les 25.000 exemplaires... Devant cette popularité, T4A, sa nouvelle maison de disques, décide de rééditer sur CD chacun de ses albums.
Brasero
La collaboration entre Pierre et Éric MELAERTS se développe sur "Brasero", un album qui marque le retour de Pierre à une production volontairement plus dépouillée.
Sous la houlette de ce dernier (producteur et arrangeur) et de Dominique BLANC-FRANCARD (mixage), deux fameuses références, Pierre RAPSAT assume ses rides naissantes et ses premiers cheveux blancs. C'est aussi le moment où Pierre décide de retrouver la chaleur des salles plus petites.
C'est la tournée "Face à Face" qui s'installe pour quelques jours au Beursschouwburg de Bruxelles et au Trocadero de Liège. Le band de scène est remanié : Francis CHARLIER (guitares) et Xavier TRIBOLET (claviers) font leur apparition. 1994, c'est aussi la première édition des Francofolies de Spa, un projet dans lequel Pierre s'implique dès le début. Il y inaugurera la série des "Fêtes à" avec notamment à ses côtés Jeff BODART et Jean-Luc Fonck de Sttellla pour une version d'anthologie de "Animal". Le même soir, il remonte sur scène auprès de Laurent VOULZY pour un "Soleil donne" mémorable.
Petite déception
C'est avec un reggae au thème écologique que Pierre revient dans l'actualité discographique avant l'été 95: "Blue note dans l'univers" est le premier pas d'une collaboration avec Jean Tranchant (ingénieur du son de VOULZY, SOUCHON, MAURANE,...), choisi pour assurer la production du prochain album.
Pour la première fois depuis des années, Pierre a confié l'écriture de certains titres à d'autres auteurs, et non des moindres : Jacques DUVAL et Jean-Luc FONCK. Intitulé sobrement "Pierre RAPSAT", ce 14ème album laissera pourtant à Pierre l'impression qu'il n'est pas allé au bout des ses envies et de son éclectisme.
Un nouveau projet est déjà sur les rails : l'enregistrement d'un "live". Le premier de sa carrière ! Ce sera chose faite au cours de la prochaine tournée et notamment aux Francofolies de Spa 96, au cours desquelles Pierre ouvre pour Johnny HALLYDAY devant 10.000 personnes (une mission dangereuse accomplie haut la main).
Premier live
"Passager d'un soir" paraît en novembre 96. On y retrouve tout ses standards dans des versions explosives : le son est énorme, les rythmiques puissantes. En studio, durant la post-production aux côtés de Christian MARTIN, Pierre retrouve un frisson qui l'avait quitté depuis quelques albums : celui de la spontanéité. Il sait déjà que son prochain album sera vivant ou ne sera pas.
Il nous livre au même moment "Un dimanche en automne" l'une de ses plus belles chansons, une chanson qu'il portait en lui depuis longtemps, à l'image de sa Belgitude, et qu'il a terminée un "certain" dimanche d'automne 96.
"Passager d'un soir" marque la fin d'une époque : il est temps pour Pierre de s'ouvrir à de nouvelles voies.
Seul en scène... ou presque.
Quelque chose le titille : depuis longtemps il a envie de proposer un spectacle différent et le moment lui paraît idéal. Il monte ainsi "Pierre RAPSAT seul en scène... enfin presque ", un presque "One man show" dans lequel il revisite sa carrière au travers d'anecdotes, de clins d'œil et de chansons moins connues, dans des versions remaniées et toujours inattendues. Les réactions enthousiastes du public le rassurent : il n'a pas besoin de décibels pour convaincre. A ses côtés, on trouve un seul musicien, polyvalent : Didier DESSERS. Complice, complémentaire, alter-ego : c'est la rencontre idéale, celle que Pierre attendait.
Volte-Face : le retour gagnant.
C'est aussi le début d'une nouvelle histoire... celle de "Volte-Face"... Dès les premières notes, cet album se dresse naturellement à la hauteur des inoubliables "Lâchez les fauves" et "Ligne Claire" en ne cessant d'explorer de nouvelles voies. Close-up sur la pochette : le renouveau saute aux yeux, avec de magnifiques portraits signés Eddy BOLLY. Et le contenu confirme : annoncé par trois singles imparables (Pile ou Face, J'attends le soleil et Si les Femmes), appuyés par la justesse des textes, "Volte Face" a surpris et séduit tout azimuts. L'énergie y était omniprésente et terriblement contagieuse. Totalement libéré, RAPSAT s'est amusé avec une pêche et un enthousiasme qui faisaient plaisir à entendre. La preuve : l'album fut couronné de succès et la tournée dépassa toutes les espérances au niveau de l'ambiance et de l'assistance (25.000 personnes).
En route vers un 15ème album étonnant, plébiscité par le public !
Fort de ce renouveau, Pierre, plus serein que jamais, a composé coup sur coup 11 merveilleux titres. Il rêvait un jour de pouvoir les enregistrer avec un grand ensemble de cordes. Ce fut chose faite, ainsi que quatre dates exceptionnelles avec ce même ensemble et bien sûr toujours accompagné de son band puissant (Frédéric JACQUEMIN, Didier DESSERS, Alain LÉONARD, Giovani RIZZUTO). Résultat : une multitude de singles tubes et un album ayant largement dépassé le cap du disque d'or !
Tous les Rêves…envolés !
Cela devait être la consécration vivante de l'artiste : un double album live du concert enregistré le 8 avril 2001 au Cirque Royal de Bruxelles. Un résultat exceptionnel ponctué par un titre inédit en duo avec Lio qui fut un des grands succès de l'été 2002. Et pourtant, cet opus, sorti la veille du décès de l'artiste, fut pratiquement une album hommage consacré quelques mois plus tard, double disque de platine, résultat extrêmement rare pour un artiste francophone belge. Une fois encore, même d'où il repose, Pierre aura blufflé tout le monde en signant son plus important succès discographique tout en laissant orphelins des dizaines de milliers de fans...
Avec 20 albums à son actif, dont plusieurs disques d'or, Pierre RAPSAT, auteur-compositeur-interprète et guitariste, a connu un début d'année 2001 formidable. Son dernier album "Dazibao" , probablement son meilleur, a fait l'unanimité des critiques belges et françaises. Il a rapidement été disque d'or en Belgique."Les Rêves sont en nous", l'une de ses plus belles chansons, vibrant plaidoyer pour la nature humaine, est rapidement rentrée dans plusieurs play-list française et l'album (Polydor/Universal) devait suivre le même chemin.
Devait... car en plein succès, l'artiste est brusquement tombé malade : un cancer foudroyant qui l'a obligé à annuler ses engagements (dont l'Olympia en compagnie de Maurane) et qui l'a contraint à se battre durant plus de six mois.
Il était persuadé qu'il s'en sortirait, que sa soif de vie et de musique auraient le dessus sur la maladie qui le rongeait. Pourtant, Pierre RAPSAT s'en est allé le 20 avril 2002 à 53 ans rejoindre l'autre rive, laissant orphelin un public belge qui l'a soutenu tout au long de ses trente ans de carrière.
La presse, le monde musical francophone, le public… ont reçu la nouvelle comme un électrochoc. Comble du sort, Pierre a jusqu'au bout voulu terminé un double album live enregistré avec un grand ensemble à cordes. En quelques semaines, cet émouvant témoignage a été couronné de platine et est aujourd'hui double-platine.
Pierre RAPSAT restera à jamais une énigme dans le métier. Souvent signé en France, il n'y aura jamais pourtant connu le succès mérité.
Il allait néanmoins fêter ses 30 ans de carrière en mai 2003 à Forest-National. C'était un des rares chanteurs belges francophones à avoir tout connu, les désillusions et les grandes salles. Et à avoir vécu de son art sans sombrer dans les mouvements "hype" de mise, sans succomber vraiment aux sirènes du show-biz.
Il a tout donné pour ses chansons, n'exigeant en retour que bien peu de choses: un peu de reconnaissance et beaucoup de bonheur...
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Pierre RAPSAT : ligne de vie
Au début des années 70, Pierre RAPSAT fonde son premier groupe : "Laurelie". Un seul album voit le jour et le groupe se dissout. Son deuxième groupe "Jenghis Khan" lui ouvre de nouvelles portes et élargit son approche musicale. Après un album qui pourtant rencontre un important succès, c'est à nouveau le split. Las de toujours tout recommencer à zéro, Pierre décide de se lancer dans une carrière solo et surtout de se mettre au chant. Pour vivre, il est, tour à tour, disc-jockey et garçon de bistrot. Il prépare des démos pendant un an et demi. Premier contrat chez WEA, premier album "New-York". Une version française et une version anglaise. Cet album, en français, a étonné beaucoup de monde. Sans s'en rendre compte, RAPSAT était précurseur et visionnaire.
L'Enfant du 92ème.

D'ailleurs, Patrice TISON, Pascal ARROYO, François BRÉANT et Albert MARCOEUR feront partie, en studio, de son groupe, avant de devenir les musiciens de Lavilliers. Un an plus tard, il sort un nouvel album "Musicolor". Durant cette période, il écrira "L'Enfant du 92ème", titre à succès qu'il offrira à Jeanne-Marie SENS et qu'il ré-enregistrera lui-même pour son troisième album "Je suis moi", un album qui assure parfaitement la jonction entre l'inventivité musicale anglo-saxonne et la chanson "à texte".
Suivent "Gémeaux", "1980" et surtout d'incessantes tournées qui lui permettent de devenir un showman formidable, au punch inégalé. Dès 1973, le public belge a adopté Pierre, chaque année, son nom figure aux places d'honneur des charts. À la sortie de "Donner tout son cœur" en 1980, Michel PERRIN, réalisateur à la Radio Télévision Belge, réalise "Byzarostyl", un portrait de Pierre RAPSAT qui remporte une mention spéciale au festival de Montreux.
Lâchez les fauves.
"Un coup de rouge, un coup de blues", est l'album qui, pour la première fois, lui donne une impression de satisfaction totale. Tellement heureux de ce dernier album, et certain d'avoir trouvé sa voie, Pierre met immédiatement en chantier "Lâchez les fauves". Précédé par un single imparable, "Passager de la nuit". Cet album se trouve, dès sa sortie, en tête des hits-parades et est très vite couronné par un disque d'or, le premier d'une longue série. Les concerts suivent et se donnent à bureaux fermés. On doubla toutes les dates, triplant même certaines. Pierre devient l'artiste francophone numéro un en Belgique.
En 84, c'est l'album "Ligne claire", un concert triomphal au Cirque Royal, une semaine au Centre Culturel de Seraing, une série impressionnante de simples classés dans les hit-parades, une tournée glorieuse et une première visite au Québec.
Forest-National
"J'aime ça" est le titre plein d'optimisme du dixième album. Les ventes énormes de ce nouvel album poussent les promoteurs de concerts et Pierre à se lancer un nouveau défi : conquérir Forest National. Pari gagné, le 24 mai, le concert se jouera à guichets fermés, une première pour un artiste francophone belge. Il renforce pour l'occasion son band, s'offrant notamment les services de guitare-héros : J-P FROIDBISE et Thierry PLAS.
Sur "Haut les mains", le onzième album, figure "Soleil noir", qui deviendra un classique des prestations scéniques de Pierre RAPSAT.
Viendra ensuite "J'ouvre les yeux", nouvelle tournée et nouvelle équipe de musiciens. Seul Christian WILLEMS, l'inséparable batteur de Pierre fera partie de la nouvelle formation. Après avoir changé de musiciens, Pierre décide de prendre l'air et de travailler avec une nouvelle équipe de production. Le premier fruit de cette collaboration : "J'ai besoin de nous", album-compilation reprenant 17 des meilleurs titres de sa longue carrière, ainsi qu'un titre inédit, plage titulaire de l'album et début de la collaboration MELAERTS-RAPSAT. Nouveau succès et nouveau disque d'or, un de plus. À l'heure actuelle, les ventes de ce disque continuent et avoisinent les 25.000 exemplaires... Devant cette popularité, T4A, sa nouvelle maison de disques, décide de rééditer sur CD chacun de ses albums.
Brasero
La collaboration entre Pierre et Éric MELAERTS se développe sur "Brasero", un album qui marque le retour de Pierre à une production volontairement plus dépouillée.
Sous la houlette de ce dernier (producteur et arrangeur) et de Dominique BLANC-FRANCARD (mixage), deux fameuses références, Pierre RAPSAT assume ses rides naissantes et ses premiers cheveux blancs. C'est aussi le moment où Pierre décide de retrouver la chaleur des salles plus petites.
C'est la tournée "Face à Face" qui s'installe pour quelques jours au Beursschouwburg de Bruxelles et au Trocadero de Liège. Le band de scène est remanié : Francis CHARLIER (guitares) et Xavier TRIBOLET (claviers) font leur apparition. 1994, c'est aussi la première édition des Francofolies de Spa, un projet dans lequel Pierre s'implique dès le début. Il y inaugurera la série des "Fêtes à" avec notamment à ses côtés Jeff BODART et Jean-Luc Fonck de Sttellla pour une version d'anthologie de "Animal". Le même soir, il remonte sur scène auprès de Laurent VOULZY pour un "Soleil donne" mémorable.
Petite déception
C'est avec un reggae au thème écologique que Pierre revient dans l'actualité discographique avant l'été 95: "Blue note dans l'univers" est le premier pas d'une collaboration avec Jean Tranchant (ingénieur du son de VOULZY, SOUCHON, MAURANE,...), choisi pour assurer la production du prochain album.
Pour la première fois depuis des années, Pierre a confié l'écriture de certains titres à d'autres auteurs, et non des moindres : Jacques DUVAL et Jean-Luc FONCK. Intitulé sobrement "Pierre RAPSAT", ce 14ème album laissera pourtant à Pierre l'impression qu'il n'est pas allé au bout des ses envies et de son éclectisme.
Un nouveau projet est déjà sur les rails : l'enregistrement d'un "live". Le premier de sa carrière ! Ce sera chose faite au cours de la prochaine tournée et notamment aux Francofolies de Spa 96, au cours desquelles Pierre ouvre pour Johnny HALLYDAY devant 10.000 personnes (une mission dangereuse accomplie haut la main).
Premier live
"Passager d'un soir" paraît en novembre 96. On y retrouve tout ses standards dans des versions explosives : le son est énorme, les rythmiques puissantes. En studio, durant la post-production aux côtés de Christian MARTIN, Pierre retrouve un frisson qui l'avait quitté depuis quelques albums : celui de la spontanéité. Il sait déjà que son prochain album sera vivant ou ne sera pas.
Il nous livre au même moment "Un dimanche en automne" l'une de ses plus belles chansons, une chanson qu'il portait en lui depuis longtemps, à l'image de sa Belgitude, et qu'il a terminée un "certain" dimanche d'automne 96.
"Passager d'un soir" marque la fin d'une époque : il est temps pour Pierre de s'ouvrir à de nouvelles voies. Seul en scène... ou presque.
Quelque chose le titille : depuis longtemps il a envie de proposer un spectacle différent et le moment lui paraît idéal. Il monte ainsi "Pierre RAPSAT seul en scène... enfin presque ", un presque "One man show" dans lequel il revisite sa carrière au travers d'anecdotes, de clins d'œil et de chansons moins connues, dans des versions remaniées et toujours inattendues. Les réactions enthousiastes du public le rassurent : il n'a pas besoin de décibels pour convaincre. A ses côtés, on trouve un seul musicien, polyvalent : Didier DESSERS. Complice, complémentaire, alter-ego : c'est la rencontre idéale, celle que Pierre attendait.
Volte-Face : le retour gagnant.
C'est aussi le début d'une nouvelle histoire... celle de "Volte-Face"... Dès les premières notes, cet album se dresse naturellement à la hauteur des inoubliables "Lâchez les fauves" et "Ligne Claire" en ne cessant d'explorer de nouvelles voies. Close-up sur la pochette : le renouveau saute aux yeux, avec de magnifiques portraits signés Eddy BOLLY. Et le contenu confirme : annoncé par trois singles imparables (Pile ou Face, J'attends le soleil et Si les Femmes), appuyés par la justesse des textes, "Volte Face" a surpris et séduit tout azimuts. L'énergie y était omniprésente et terriblement contagieuse. Totalement libéré, RAPSAT s'est amusé avec une pêche et un enthousiasme qui faisaient plaisir à entendre. La preuve : l'album fut couronné de succès et la tournée dépassa toutes les espérances au niveau de l'ambiance et de l'assistance (25.000 personnes).
En route vers un 15ème album étonnant, plébiscité par le public !
Fort de ce renouveau, Pierre, plus serein que jamais, a composé coup sur coup 11 merveilleux titres. Il rêvait un jour de pouvoir les enregistrer avec un grand ensemble de cordes. Ce fut chose faite, ainsi que quatre dates exceptionnelles avec ce même ensemble et bien sûr toujours accompagné de son band puissant (Frédéric JACQUEMIN, Didier DESSERS, Alain LÉONARD, Giovani RIZZUTO). Résultat : une multitude de singles tubes et un album ayant largement dépassé le cap du disque d'or !
Tous les Rêves…envolés !
Cela devait être la consécration vivante de l'artiste : un double album live du concert enregistré le 8 avril 2001 au Cirque Royal de Bruxelles. Un résultat exceptionnel ponctué par un titre inédit en duo avec Lio qui fut un des grands succès de l'été 2002. Et pourtant, cet opus, sorti la veille du décès de l'artiste, fut pratiquement une album hommage consacré quelques mois plus tard, double disque de platine, résultat extrêmement rare pour un artiste francophone belge. Une fois encore, même d'où il repose, Pierre aura blufflé tout le monde en signant son plus important succès discographique tout en laissant orphelins des dizaines de milliers de fans...


